L’usine californienne de Tesla de nouveau poursuivie pour racisme

L’agence fédérale américaine chargée du respect du droit du travail (EEOC) a porté plainte, jeudi 28 septembre, contre Tesla, accusant le constructeur de voitures électriques de harcèlement à caractère raciste. Tesla a violé « la loi fédérale en tolérant le harcèlement racial généralisé et continu de ses employés noirs et en soumettant certains de ces travailleurs à des représailles pour s’être opposés au harcèlement », précise l’EEOC dans un communiqué.

Selon la plainte déposée à San Francisco, « depuis au moins 2015 », les salariés noirs de l’usine de Tesla à Fremont, en Californie, ont régulièrement été victimes d’insultes, telles que « singe », « garçon » et « N-word », − allusion au terme péjoratif pour désigner les personnes noires −, un mot devenu socialement imprononçable par les personnes blanches aux Etats-Unis. « Les insultes étaient utilisées de manière désinvolte dans les zones très fréquentées », détaille le communiqué.

« Les employés noirs rencontraient régulièrement des graffitis, y compris des variantes du mot en “N”, des croix gammées, des menaces et des nœuds coulants, sur des bureaux et d’autres équipements, dans les toilettes, dans les ascenseurs, et même sur des véhicules neufs sortant de la chaîne de production. »

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L’EEOC précise avoir tenté de parvenir à un accord avec l’entreprise, en vain. L’agence cherche désormais à obtenir des dommages-intérêts, des arriérés de salaire pour les travailleurs concernés, ainsi qu’une injonction à l’encontre de Tesla afin que l’entreprise change ses pratiques.

Un procès remporté en 2021 par un employé

En février 2022, la Californie avait déjà porté plainte contre cette usine pour discrimination raciale. « Après avoir reçu des centaines de plaintes de travailleurs, la DFEH a trouvé des preuves (…) de ségrégation raciale », avait fait savoir cette agence de l’Etat californien chargée d’enquêter sur les affaires de discrimination.

« Les employés de l’usine appelaient les zones où de nombreux Afro-Américains travaillaient la “porch monkey station” », littéralement « la zone des singes qui ne foutent rien », mentionnait la plainte de l’Etat de Californie.

« Tesla s’oppose fermement à toute forme de discrimination et de harcèlement et a une équipe qui se consacre aux relations entre employés pour répondre et enquêter sur toutes les plaintes », avait assuré dans un communiqué le groupe, dont le siège se trouve au Texas depuis la fin de 2021.

En avril, un jury a réduit de 15 millions à 3,2 millions de dollars les dommages-intérêts que Tesla doit verser à un ex-employé victime de racisme. Owen Diaz, un opérateur de monte-charge, avait remporté en octobre 2021 son procès contre l’usine de Fremont.

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Le Monde avec AFP